Sur une façon encore nouvelle de présenter l’Évangile

Si vous vous êtes déjà occupé de tout-petits, vous avez sans doute remarqué à quel point ils aiment qu’on leur lise une histoire encore et encore. Dès que vous avez lu la dernière page, un enfant dira souvent : « Lis-la encore! » Pour un adulte, ce besoin de répétition chez l’enfant peut parfois sembler épuisant. Mais, les enfants se délectent de la répétition.
L’écrivain britannique G. K. Chesterton suggère que le désir de répétition chez l’enfant n’est pas un défaut d’immaturité, mais un aperçu du cœur de Dieu.
Parce que les enfants débordent de vitalité, parce qu’ils sont, dans leur esprit, fougueux et libres, ils veulent donc que les choses se répètent sans changement. Ils disent toujours : « Refais-le »; et l’adulte le refait jusqu’à ce qu’il soit presque mort. Car les adultes ne sont pas assez forts pour apprécier la monotonie. Mais, il est possible que Dieu soit assez fort pour apprécier la monotonie. … Il se peut qu’Il ait l’appétit éternel de l’enfance; car nous avons péché et vieilli, et notre Père est plus jeune que nous (extrait du livre de Chesterton, Orthodoxy, The Bodley Head, 1908).
Environ un siècle plus tard, le théologien américain Thomas Oden a fait remarquer qu’une caractéristique de la modernité est « son appétit insatiable de nouveauté ». Par conséquent, nous sommes sans cesse à l’affût de ce qu’il y a de plus récent et de meilleur, les médias sociaux exacerbant notre dédain à l’idée d’entendre la même chose encore et encore. En ce sens, la modernité est une rébellion contre la répétition.
J’en ai récemment pris conscience en écoutant un pasteur parler du message simple de l’Évangile, à savoir que Dieu a envoyé Jésus pour être le Sauveur du monde, afin que quiconque croit en lui reçoive la vie éternelle (Jean 3.16). À ma grande honte, je me suis dit : « Qui ici n’a pas entendu cela mille fois! » – jusqu’à ce que j’aperçoive un jeune garçon assis avec ses parents, écoutant attentivement le pasteur.

La Bible indique que Dieu utilise la répétition pour former la communauté de foi. Le récit de la Création établit que la répétition de la nuit, du jour, des semaines et des saisons est intégrée au monde (Genèse 1). Plus tard, lorsque Dieu donne la Loi, non seulement Il fait appel aux modèles de la Création (Exode 20.11), mais il ordonne que la Loi soit transmise par des pratiques quotidiennes répétitives.
« Les commandements que je te donne aujourd’hui seront dans ton cœur. Tu les répéteras à tes enfants; tu en parleras quand tu seras chez toi, quand tu seras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras » (Deutéronome 6.6–7).
La répétition se poursuit dans le Nouveau Testament. Paul ne s’excuse pas auprès des Philippiens de répéter des enseignements fondamentaux. « Je n’hésite pas à vous écrire les mêmes choses, et cela contribue à votre sécurité » (Philippiens 3.1b).
Même le sacrement central du culte chrétien, la Cène, est présenté comme un mandat à répéter. « En effet, toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Corinthiens 11.26).
Si Dieu a intégré la répétition dans la Création et dans l’Évangile, nous ne devrions pas être scandalisés par la répétition des vérités simples de l’Évangile auprès de nos fidèles, de nos enfants et de nos petits-enfants. Apparemment, Dieu ne se lasse pas de nous rappeler qui Il est et ce qu’Il a accompli.
Si Dieu a intégré la répétition dans la Création et dans l’Évangile, nous ne devrions pas être scandalisés par la répétition des vérités simples de l’Évangile.
Alors que les églises entrent dans la saison automnale, permettez-moi d’encourager ceux qui sont engagés dans le ministère, alors que l’éducation chrétienne, le catéchisme, les études bibliques et les séries de sermons débutent.
Premièrement, ne croyez pas que nous devions constamment trouver de nouvelles choses à enseigner ou à aborder. Alors qu’une culture en constante évolution est toujours à la recherche de nouveautés, l’Évangile lui-même ne change pas et ne souffrira pas de la répétition, même si notre façon de communiquer a peut-être besoin d’être renouvelée.
Deuxièmement, n’hésitez jamais à réitérer simplement l’Évangile. Le Nouveau Testament propose diverses versions de cet Évangile simple. Chacune varie dans sa formulation, mais dit essentiellement la même chose encore et encore (voir Romains 1.3-4, 1 Timothée 3.16 et 1 Corinthiens 15.3-4).
Dans notre désir de paraître sophistiqués ou érudits, nous omettons parfois de transmettre l’Évangile dans sa simplicité : Dieu a envoyé Jésus pour qu’Il soit le Sauveur du monde par Sa mort sur la croix et Sa résurrection pour la vie éternelle.
Jim Rayburn, l’Américain qui a fondé le ministère chrétien Young Life en 1941, a dit un jour que c’était un péché d’ennuyer les gens avec l’Évangile. Je suis d’accord, mais nous ne devrions pas présumer que la répétition est la cause de l’ennui. Ceux qui entrent dans le Royaume doivent être comme de petits enfants (Matthieu 18.2-4). Si l’on en croit l’exemple des tout-petits, leur accueil joyeux de l’Évangile ne tient pas simplement au fait qu’ils entendent quelque chose de nouveau, mais parce qu’ils prennent plaisir à entendre l’histoire encore et encore.
David Guretzki est président et directeur général de l’AÉC. Pour lire d’autres articles de cette rubrique, rendez-vous sur FaithToday.ca/CrossConnections. Photo par Ben Mullins d'un garçon en train de lire l'histoire des trois rois mages.